mercredi 10 novembre 2010

Les derniers jours du soldat



De toutes les vieilles choses que je collectionne, cette série de papiers est sans nul doute la plus émouvante.
Je l'ai trouvé tel quel dans une petite brocante de village (à l'exception du programme de Concert Militaire sur papier rose que j'ai trouvé dans une poubelle de grenier et qui m'a semblé avoir sa place ici).

Dedans on y trouve:
* une carte postale photographie (cela se faisait beaucoup à l'époque) d'un soldat et une infirmière lors de la 1ère guerre mondiale.

* un "flyer" rose annonçant le programme du Concert Militaire de la 108ème Régiment d'infanterie qui s'est joué à Meyssac, année inconnue que je situerai au début du siècle.

* un livret militaire d'un certain Antoine Pauliat né en 1828 et qui aurait servi de 1879 à 1892.

* les restes d'une enveloppe envoyée par le Sergent Albert Blanc, prisonnier en Allemagne adressée probablement à ses parents Monsieur et Madame Blanc qui habitaient à Cahors. Cette enveloppe pouvait aussi servir de coupon réponse pour envoyer un colis à l'expéditeur.
Année inconnue mais je le situerai pendant la première guerre mondiale.

* Trois lettres manuscrites venant de Talbris qui racontent la fin du soldat Pierre Pauliac.

La première est adressée à son oncle, elle date du 16 septembre 1914. Quelqu'un lui explique l'état de son neveu, blessé à la poitrine par balle. Il y a peu d'espoir mais l'expéditeur veut encore croire à sa guérison.

La deuxième est adressée au curé du village du soldat, elle est datée du 26 septembre 1914, elle provient de Madame la directrice de l'ambulance de la croix rouge de Talbris.
Elle y annonce la mort du jeune homme le 22 septembre 1914 "Il s'est éteint doucement pendant que la soeur préparait une soupe au lait qu'il avait demandée à 6 h du soir".
Elle raconte aussi qu'il a beaucoup parlé de sa famille notamment de son oncle dont il a donné l'adresse, qu'il s'est confessé à temps, sans oublier les détails de son enterrement et la promesse de l'envoi du crucifix et du chapelet qui fut déposé sur son lit de mort.

La dernière est adressée aux parents de Pierre à la date du 3 octobre 1914 par le secrétaire de l'hôpital qui reprend les quelques informations des autres lettres.


Inutile de vous dire que ces trois lettres m'ont énormément touché, elles sont un témoignage précieux des ravages de la guerre, de la piété et du patriotisme de l'époque qui devait aider à supporter une telle épreuve: "Dieu l'a donc rappelé à lui dans les meilleures conditions, ayant rempli ses devoirs de soldat français et de chrétien."


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3 commentaires:

Jennifer a dit…

Je partage ton émotion, une belle idée que ces lettres achetées sur des brocantes. Moi j'avais eu la même émotion en tombant sur des lettres que mon arrière grand-père avait envoyées à sa femme quand il était sur le front, une claque.

pödane a dit…

j'ai gardé toute la correspondance de mes grands parents pendant la guerre ,lettre ,carte postale...des merveilles d'amour!

Gabrielle Aznar a dit…

On peut dire que nos arrieres grands parents et grands parents ont vecu une drôle d'époque en ce début du XXeme siécle.
Moi ça me parait presque surréaliste comme un film, c'est pour ça que ces témoignages (surtout quand plus personne n'est là pour les raconter) sont importants à garder.
J'ai aussi des lettres de ma grand-mére qu'elle envoyait à mon grand-pere emprisonné dans un camps de travail pendant la seconde guerre mondial.