vendredi 7 juin 2013

7 juin, 12h15


Je viens de voir quelle date nous étions, l'heure... Il y a 12 ans ma maman partait, quittant un corps qui se battait avec fermeté depuis 19 mois mais dont la tête n'en pouvait plus. La mandarine qui s'était transformé en orange a fini par ne plus avoir assez de place, c'était fini.

Je vois cette date et cette heure et c'est comme un coup de poing dans l'estomac. J'étais pourtant insouciante ce matin, comme ce jour là il y a 12 ans. Il faisait beau comme aujourd'hui et j'avais raté tout les coups de fils de la journée. Ce n'est qu'en rentrant le soir à mon appartement choletais que j'ai décroché mon téléphone qui sonnait et que ma belle-sœur, qui voulait me réconforter, a eu la lourde tâche de me l'annoncer.

Inutile de préciser la nuit que j'ai passé.

Le lendemain matin je me suis quand même levé et je suis partie à mon stage (une obligation et une obligation, je ne me voyais même pas louper cette journée).
Je leur ai annoncé sans hésitation, c'est sorti tout seul. Ils étaient surpris bien sur, je ne leur avais jamais parlé de la maladie de ma mère.
Je n'oublierai jamais la façon dont ils se sont occupés de moi. Pas d'apitoiement ou de mots particuliers, ils m'ont juste entouré et m'ont fait travailler avec eux pour je ne sois jamais seule sur une tâche. C'était ce qu'il me fallait, ne pas me sentir abandonnée.

Je suis ensuite rentrée pour une semaine chez mes parents, j'ai bataillé pour aller la voir car elle était loin et qu'une fois revenue parmi nous cela ne serait plus possible.
Personne ne voulait m'y emmener, je trouvais ça injuste. Mais c'était sans compter sur la main tendue de ma belle-sœur, qui nous y emmena, mon frère et moi.
Cet adieu on l'a fait à trois.

Passons sur la tornade émotionnelle de l'enterrement, on est pas soi-même dans ses moments là.
Je me souviens juste avec tendresse du bouquet de fleurs sauvages qu'une amie de ma mère lui a apporté et des magnifiques roses rouges de maman Jeanne, notre petite mamie de cœur.

Après je suis restée une semaine de plus avec mon frère dans notre maison et il a fallu recommencer à vivre sans elle, même si c'était déjà un peu le cas, mais aussi avec cette sensation de vide car c'était vraiment fini.
Dans ma tête j'avais planifié mon été à ses côtés, il m'avait fallu 19 mois pour apprivoiser cette nouvelle maman et faire le deuil de l'ancienne. Mauvais timming, même quand on sait qu'il a une date butoir assez proche, on arrive pas à l'assimiler.
On apprend aussi à vivre avec ses regrets.

Je crois que je n'ai jamais vraiment raconté à quelqu'un ces quelques jours, je ne sais pas pourquoi cela sort aujourd'hui.
Peut-être parce qu'une de mes meilleures amies vient de vivre un peu la même la chose et que d'autres personnes dans mon entourage l'ont vécu il n'y a pas si longtemps.
Cela me retourne toujours le cœur.
J'enrage car je sais.
Perdre un proche quand ce n'est pas l'âge, cela n'a rien de juste.



Edit: je crois que la découverte de ce blog n'y est pas pour rien.
Rendez-vous sur Hellocoton !

2 commentaires:

valérie Podane a dit…

j'ai perdu ma fille il y a 19 ans...le temps a adoucis ma tristesse, mais le sentiment d'injustice est resté.Très beau billet.

gabrielle aznar a dit…

Je comprend très bien ton sentiment. Le temps est le meilleur des pansements mais il n'efface rien.
<3