lundi 14 mai 2018

Exposition "Black Dolls" ♦ La Maison Rouge



Il y a 15 ans je me lançais dans mon projet de fin d'étude autour de la poupée.
Aujourd'hui je continue d'explorer ce monde fascinant qui cache tellement d'histoires et de symboles.

L'exposition "Black Dolls" à la Maison Rouge ne me contredira pas. Voilà encore un aspect que je ne connaissais pas et qui est tellement porteur de sens.
Ici on découvre la collection unique de Deborah Neff, qui a rassemblé près de 200 poupées noires.
Elles ont été créées par des afro-américain.e.s dans les années 1840-1940.
Déjà c'est une façon de faire la part belle aux artistes anonymes du quotidien que l'on met rarement en avant. En cela la poupée est vraiment un support universelle de création.
Et il faut bien le dire l'ensemble est fascinant, chaque poupée a sa touche, sa sensibilité voir sa personnalité et son caractère. J'ai été très touché par l’ingéniosité de ces créatrices et créateurs qui n'avaient souvent pas grand chose à leurs dispositions.

Mais autre chose se cache derrière ses personnages de tissu car la poupée à la peau noire est loin d'être une évidence surtout à ces périodes de servitude pour les afro-américains.
Le modèle (et sa représentation) se devait d'avoir la peau blanche et en cela les Black Dolls sont une sorte de résistance .
Mais ce n'est pas non plus aussi simple que cela comme le dévoile les photos d'enfants qui complètent la collection. Les enfants noires ont des poupées blanches et les enfants blancs des poupées noires, fabriquées justement par leurs nourrices.
Difficile de dire aujourd'hui comment les enfants les considéraient: modèle? objet affectif qui représentait celles qui les maternaient ? compagne serviable?

Une autre série de poupée est aussi très émouvante , celle des Topsy-Turvy, des poupées doubles, à la fois noire et blanche, une face disparaissant au choix sous la jupe. Elles représentent probablement la dualité entre les deux communautés mais aussi le métissage pour ces femmes qui avaient très souvent des enfants avec leurs propriétaires (leurs ventres aussi leur appartenaient).


J'aime ce genre d'exposition, qui ne peut pas laisser indifférent et qui remue un peu l'histoire, surtout quand les faits sont méconnus ou tout simplement délaissés.
 Ce n'est jamais superflu de regarder en arrière pour mieux comprendre le présent.


 
 
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2 commentaires:

eMmA MessanA a dit…

Très émouvant et un moyen de rappeler les horreurs de l'Histoire...
Merci pour cette mise en avant, toi qui nous régales de tes créations de poupées.

gabrielle aznar a dit…

Merci EMmA pour tes mots! <3