lundi 9 juillet 2018

Margiela Galliera ♦ Palais Galliera



Bienvenue dans l'univers de Martin Margiela!
Le Palais Galliera nous propose une délicieuse plongée dans les 20 années de travail du couturier.

Chaque défilé est représenté et cela pour une bonne raison; ses collections sont en écho avec les saisons passées, un petit détail ramène toujours en arrière et cette mise en perspective nous montre toute la cohérence de sa démarche créative.
Margiela recycle, digère, explore et expérimente, loin des règles habituelles de la mode.

Cela m'a beaucoup rappelé la période de mes études, où l'on nous apprit à fonctionner un peu comme cela: l'expérimentation comme premier réflexe.

 

Margiela est un collectionneur, et finit par créer une ligne où il reproduit des pièces qu'il a chiné.
Il ne le cachera pas mais au contraire mettra en valeur l'origine de ces vêtements.





La première chose que l'on peut ressortir de son travail c'est le détournement et la réutilisation.
Il recycle des matériaux et des vêtements, parfois même de ses défilés précédents.
Il va les détourner en les coupant, en les teignant,  en les customisant ou en les assemblant.
Les robes de bal des années 50 deviennent gilets longs, des collants des ceintures ou des tops, des chaussettes un pull, une assiette cassée un gilet, des gants un haut de robe...
Une couette peut même se transformer en manteau.



Margiela aime casser les codes, ses vêtements en ont la tête à l'envers parfois.
Le bas devient le haut, des robes sont coincées sous du plastique ou encore toutes une collection est réalisé à plat pour ensuite se déplier et prendre tout son volume.
En un mot: il déstructure.



Le trompe l’œil est aussi très présent, il aime jouer avec les apparences et tromper le regard.
Les imprimés se font fantômes d'autres vêtements, les perruques se prennent pour des vestes, le fameux mannequin Stockman prend sa revanche et habille les femmes ou bien les boutons, cols, chaussures, sacs et autres détails affleurent, cachés sous du tissu.



Chaque défilé a sa petite touche personnelle: le crayon noir pour suggérer la ligne des bas coutures, l'odeur de patchouli sur les mannequins, les rubans de coton noués autour des doigts en guise de bijoux, etc... 



En ce qui concerne les chaussures, Margiela s'inspire de manière récurrente de la chaussette japonaise "tabi", où le gros orteil est séparé des autres doigts de pieds.
Il la détournera à chaque collection.

Il utilise aussi des chaussures existantes, qu'il peut repeindre ou recouvrir de tissu élastique.
Il s'amusera une fois à faire défiler des talons aiguilles sur des morceaux de carton qui finiront troué.



Un autre aspect de son travail est l’exagération des volumes.
Il peut reproduire à l'identique, mais à l'échelle humaine, des vêtements de poupée, gardant ainsi les erreurs de proportions.
D'autres collections sont basés sur l'oversize et le XXL.
Il utilisera aussi un mannequin ancien de grande taille sur lequel il expérimentera plusieurs techniques.
Il peut aussi jouer sur différentes disproportions d'une partie du vêtement.



L'exposition est ponctué de vitrines appelés "Chambres de Fan".
Tel un cabinet de curiosité il attire l’œil et donne envie d'explorer chaque recoin.



A découvrir jusqu'au 15 juillet 2018.
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